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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 22:25
Au début de la grande crise japonaise des années 90, un phénomène désastreux commença petit à petit à se répandre dans les mégalopoles nippones : le rejet des nouveaux-nés.
Nombreux furent ceux retrouvés sans vie dans des poubelles.

La première initiative pour enrayer cet horrible massacre fut pris par la ville de Kanenonaruoka qui a mis à disposition de ses contribuables une bébé box.
Mis en service entre 1986 et 1991, elle accueillait les bébés librement abandonnés par leurs parents sans crainte de poursuite judiciaire. Des employés passant relevé de temps en temps les précieux colis.
Elle fut fermé en 1991 après le décès d'un nourrisson malheureusement pas récupéré à temps.

Plus récemment au Sud du Japon, en 2007 à Kumamoto, la municipalité a approuvé le projet d'installer dans un hôpital de la ville, un lieu permettant d'abandonner anonymement les nouveaux-nés.
Cet hôpital privé catholique ayant demandé l'autorisation d'en ouvrir une malgré les réticences du gouvernement. Pour éviter les erreurs du passé, l'incubateur se voit équipé d'une alarme qui se déclenche après l'abandon du nourrisson.
Ses partisans estiment que ce système pourrait encourager l'augmentation du chiffre des naissances au Japon, en limitant la pratique largement répandue de l'avortement et en encourageant l'adoption.

Depuis 2004, la population au Japon ne cesse de décliner. Pour connaître l'évolution des naissances au Japon, chaque année on donne un chiffre correspondant au nombre d'enfant(s) que donnerait une femme âgée entre 15 et 49 ans.
En 2005, ce chiffre atteint le plus bas score de son histoire, avec 1,25 enfant(s) par femme.

* La jeunesse quitte le Japon, place aux vieux.

Avec une population qui vieillit, qui décroit et un faible taux de natalité, le pays court vers la catastrophe.
Malgré les mesures du gouvernement, les japonais ne sont pas prêts à procréer à foison comme suite à l'après-guerre (4,32 en 1947).

Pourquoi ?

* Pour commencer, il faut avoir le désir d'avoir un enfant, et il n'est pas culturellement envisageable d'avoir un enfant si les deux parents ne sont pas mariés. Ce qui mine de rien, freine de nombreuses ardeurs.

* Ensuite le temps, c'est bien connu les japonais sont trop occupés... Boulot, boulot et boulot, surtout pour une jeune femme active qui aimerait atteindre un bon niveau dans sa boîte. Pour se faire plus remarquer que les hommes sexuellement avantagés, elle doit bosser beaucoup plus qu'eux. Alors pour prendre le temps d'enfanter, on verra plus tard...

* Mais c'est surtout au niveau financier que ça bloque, ce n'est pas avec les 60 euros par mois donnés par le gouvernement (allocation variable selon les départements) qu'une famille moyenne puisse élever décemment un enfant. La principale dépense durant l'éducation d'un enfant c'est l'école. Même publique, c'est extrêmement onéreux.


* L'une de ces fameuses "bébé box".

Revenons aux bébés poubelles, appelés au Japon "akkachan post" , elles sont des "Baby Deposit Box".
Ce principe de « récupération » n'est pas nouveau, il date du Moyen-Age en Europe mais fut abandonné depuis. Hélas depuis plus de dix ans en Allemagne, les boîtes à bébés refont aussi surface en Europe avec l'appellation : "Babyklappe". L'accouchement sous X n'y existant pas, il fallait donc trouver un moyen pour mettre fin, aux abandons de bébés dans les poubelles ou au fond des bois.
Ça fait plus de dix ans que le procédé fonctionne, et on peut y trouver plus de 80 « centres d'accueils » dans tout le pays. Je ne connais rien en culture germanique, je ne pourrais pas vous exposer donc le pourquoi de ces rejets dans ce pays.

Mais, mes quelques connaissances sur le Japon me permettent de vous donner ces quelques points :

Avec la crise et le niveau de vie des ménages en chute libre depuis les années 90, de nombreux parents ne peuvent plus « entretenir » leurs enfants, ou encore ne peuvent plus psychologiquement supporter les pleures et autres caprices de ces derniers ne pouvant prendre le temps de s'occuper d'eux. Alors dans certains cas extrêmes, ils doivent s'en séparer bon gré mal gré en abandonnant la chair de leur chair devant des églises, dans la rue ou encore dans des poubelles ou pire, dans des casiers en libre-service.

Outre l'aspect financier, de nombreuses raisons peuvent pousser à réaliser un tel geste :

- Bébé non-désiré
- Bébés issus de viole
- Bébés handicapés
etc.

[.] Pour les bébés non-désirés, il faut savoir qu'au Japon la pilule n'est pas du tout rependue et est très chère (je vous invite à lire cet article : [ x ]), et aussi que les préservatifs ne sont pas d'aussi bonnes qualités que ceux proposés en France. Le contrôle de qualité n'y étant pas aussi rigoureux que les notre, il arrive très souvent qu'il se déchire.

[..] Au sujet des bébés issus de viole, pays du sexe, le principal crime effectuait par ses délinquants est le viole. Extrêmement humiliant pour la femme, il est un sujet tabou. La victime ayant peu de secours aussi bien judiciaire que psychologique, elle préfère alors, très souvent de ne rien dévoiler. Ne voulant pas être la honte de la famille, souvent peu compréhensible, de nombreuses femmes violées doivent garder sous silence les sévices qu'elles subirent ou subissent peut-être encore...

[...] Au Japon, on ne peut avorter que jusqu'à la 21ème semaine de grossesse (la première semaine commençant au début de la dernière période de menstruation de la future mère) et le pistage des possibles problèmes mentaux du futur enfant se fait à la quatorzième semaine. Le docteur n'étant jamais sûre, il évite de le dire et la futur mère l'apprend très souvent après la période où l'avortement est autorisé. Alors, pas le choix, elle doit le garder et si elle n'est pas prête, le drame peut arriver.

Pour conclure, je pense que les bébés box ne sont pas une vraie solution, mais si ça permet à sauver des vies, je suis pour. Mais hélas, cela peut aussi inciter les parents à abandonner leurs progénitures.
Non la solution, si il y a en une, viendrait du gouvernement, avec de vraies aides sociales pour les jeunes parents et la mise en place de centres de planification familiale dans les villes japonaises. Sans social et sans structure il arrivera encore des drames comme celui de Kumamoto où un enfant de trois ans y fut retrouvé dans l'un de ses caissons. Il fut ensuite récupéré quelques temps après par son père légitime, pleins de remords (sic) et on lui reconfia sans problème son enfant chéri.

Ce pays est vraiment socialement malade.

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Published by Japon Weird - dans Japon culturel-société
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commentaires

Gildas 17/05/2009 18:33

Bonjour, serait-il possible de corriger les nombreuses fautes d'orthographes et de grammaire de cet article, au demeurant très intéressant ?

Japon Weird 17/05/2009 19:01


Bonjour, si les fautes vous dérangent, je vous invite donc de m'envoyer sa version corrigée par mail. :)


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